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15/06/2010

_Of worlds beyond_

Of worlds beyond : The science of science fiction writing : Lloyd Arthur ESHBACH (editor) : 1971 (pour cette impression) : Advent : ISBN-10 0-911682-14-7 : 104 pages (y compris index) : coûtait 2 USD pour un TP illustré de quelques portraits en N&B, se trouve assez aisément d'occase et même parfois en neuf, existe aussi en HC (-05-8).

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Ce livre est une des légendes du monde des ouvrages de référence. Initialement paru en 1947 chez Fantasy Press, il s'agit d'un ensemble de textes sur le genre rassemblés par Eshbach et qui regroupait le gratin des auteurs de l'époque. C'est pratiquement LE premier ouvrage de référence (ex-aequo avec le Bailey me semble t-il) qui marque les débuts de la longue famille des livres consacrés à la SF. Pratiquement, cet exemplaire est une réimpression de 1971 (la troisième) qui est elle même issue de la seconde édition Advent de 1964 ressortie par cette small press suite à la faible disponibilité de l'édition originale.

Germes de vie (RF 1953).jpg

Ce recueil d'essais regroupe donc sept textes relativement courts (une dizaine de pages) écrits par des stars de l'époque, à savoir dans l'ordre du livre : Robert A. Heinlein, John Taine, Jack Williamson, A. E. Van Vogt, L. S. De Camp, E. E. 'Doc' Smith et John W. Campbell. Chacun de ces chapitres est précédé d'une courte introduction de son auteur par Eshbach, illustré d'un portrait photographique en N&B. Les essais abordent surtout l'écriture de la SF (ou de la Fantasy pour Williamson) sous l'angle pratique, faisant de cet ouvrage un précurseur des nombreux titres destinés aux apprenti écrivains. Un index clôture ce volume.

La curée des astres (RF 1954).jpg

Il est important de replacer ce livre dans son contexte. En effet, sur un plan purement pratique, les conseils donnés en 1947, même par d'aussi éminents professionnels que ceux rassemblés ici, sont difficilement applicables soixante ans plus tard ne serait-ce que pour des raisons d'évolution du marché. Cette partie là est donc d'un intérêt assez limité vu la progression sensible du niveau "technique" d'une partie des écrivains en devenir, même si certains conseils basiques restent toujours valides.

Les dents du dragon (RF 1956).jpg

La plus-value de cet ouvrage de nos jours est à la fois de rassembler des textes théoriques devenus mythiques (celui de Heinlein où il propose pour la première fois le terme de Speculative Fiction, celui de Van Vogt sur la complexification ou celui de De Camp sur l'humour) et aussi de nous donner une idée de ce qu'était l'état d'esprit dans lequel se trouvait le genre (ou du moins ses principaux auteurs) après la deuxième guerre mondiale. Des éléments qui permettent de pouvoir discerner certaines des évolutions futures de celui-ci telles qu'elles étaient pensées par des acteurs stratégiques de celui-ci. Un livre qui est un témoignage important de l'âge d'or mais qui est quand même à réserver aux historiens de la SF. 

A la poursuite des slans (RF 1954).jpg

Note GHOR : 1 étoile

14/06/2010

_Odyssey : The authorised biography of Arthur C. Clarke_

Odyssey : The authorised biography of Arthur C. Clarke : Neil McALEER : 1992 : Gollancz : ISBN-10 0-575-05448-4 : xii+430 pages (y compris index) : coûtait 17 GBP pour un gros HC avec jaquette illustré en N&B qui se trouve facilement d'occasion.

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Comme l'indique clairement son sous-titre, ce gros ouvrage est une autobiographie de l'écrivain britannique (Sir) Arthur C. Clarke. Un des grands noms de la SF et l'un de ses acteurs connus du grand public (avec Asimov et Heinlein), on ne présente plus cet auteur qui a obtenu la gloire grâce à sa participation au scénario de 2001. Ecrite par McAleer, écrivain de SF mais surtout vulgarisateur, il s'agit là d'une biographie "autorisée" ce qui veut dire qu'elle a été approuvé par Clarke lui-même.

Terre, planète impériale (JL 1978).jpg

Pour un tel type d'ouvrage, il est difficile de faire preuve d'originalité et l'on retrouve donc le schéma chronologique naturel qui sied à ce genre de travail. McAleer débute avec les parents de Clarke et termine en 1992 (donc avant le décès de l'auteur). Il déroule la vie de l'écrivain en une trentaine de chapitres qui couvrent logiquement des durées différentes et se fondent sur un grand nombre d'interviews réalisées par le biographe. Le tout est illustré de quelques pages de photographies en N&B sur papier glacé. Plusieurs pages de notes et un index clôturent le livre.

Terre, planète impériale (AM 1977).jpg

D'une façon pas si paradoxale que cela, l'impression que l'on ressent à la lecture de cette biographie est quand même d'un certain détachement que l'on pourrait qualifier de typiquement britannique. Non pas que ce livre ne se lise pas facilement mais c'est juste que les personnages que l'on rencontre manquent singulièrement de relief et de chaleur. Il n'y a guère d'anecdotes croustillantes ou de règlements de compte dans un ouvrage où tous les gens sont fort civils et n'élèvent que rarement la voix (sauf RAH lors d'une discussion sur l'IDS), sans doute à cause du probable contrôle exercé par Clarke sur le produit fini.

Imperial Earth (Ballantine 1976).jpg

L'amateur de SF ne trouvera pas non plus forcément son compte dans un récit où dominent l'astronautique (on a les détails de toutes les missions spatiales) et l'exploration des fonds marins. Peu de réflexions sur l'écrivain de SF Clarke qui semble parfois n'être là que pour faire bouillir la marmite. Et pourtant c'est sûrement la facette de cet homme qui restera la plus longtemps dans le mémoire collective. Il est dommage qu'elle soit si peu présente dans ce livre certes éminemment lisible mais trop peu impliquant.

Imperial earth (Pan 1977).jpg

Note GHOR : 1 étoile

11/06/2010

_The Null-A worlds of A. E. Van Vogt_

The Null-A worlds of A. E. Van Vogt : H. L. Drake : 1989 : Chris Drumm (Série "Drumm Booklet" #32) : ISBN-10 0-936055-43-X : 30 pages (pas d'index mais bibliographie, + une feuille d'errata dans mon exemplaire) : coûtait 2.25 USD pour un petit fascicule format plus petit que A5 avec agrafage central, trouvable d'occase.

The null-A worlds of A E Van Vogt.jpg

Même si le mot de livre peut paraître abusif pour un si petit item, cet ouvrage est l'un (le ?) des premiers à être consacré entièrement à Van Vogt. Il est écrit par H. L. Drake, un professeur de communications et passionné de Sémantique Générale qui était probablement LE spécialiste de AEVV, un auteur auquel il a consacré de nombreux articles ainsi q'un ouvrage plus complet en 2001 : A. E. Van Vogt : Science fantasy's icon. Ce volume est d'ailleurs de portée moins générale puisqu'il s'intéresse surtout aux rapports entre la Sémantique Générale et les oeuvres de l'auteur.

Ténèbres sur Diamondia (JL 1T1974).jpg

Divisé en cinq chapitres (+ une introduction bizarrement imprimée sur la deuxième de couverture), cet ouvrage parcourt les textes de Van Vogt dans un ordre assez aléatoire en relation avec certains thèmes (la Dianétique, le sexe, les modes de communication...). A noter qu'une grande partie du matériau présenté dans ce volume a été récoltée lors de trois séries d'interviews avec Van Vogt, avec en particulier une qui a été réalisée en 1974 et qui est initialement parue dans une revue sur la Sémantique Générale. L'ouvrage n'offre pas d'index mais fournit une bibliographie des textes cités.

Ténèbres sur Diamondia (JL 03-1984).jpg

Au final, l'impression est assez mitigée en ce qui concerne cet ouvrage. Tout d'abord il faut dire que sa mise en page le rend assez peu agréable à lire : police courrier plutôt petite, pas d'interligne, ensemble d'aspect "pavé", abus du sous-lignage pour autre chose que les titres, le tout ayant une tendance assez nette à "piquer les yeux".

Ténèbres sur Diamondia (JL 1990).jpg

En ce qui concerne le contenu lui-même, il présente un visible manque d'une ligne directrice et possède une nette tendance à passer du coq à l'âne, y compris au sein d'un même chapitre. Il est difficile de rendre justice à la complexité (parfois délibérée ou simplement fumeuse) d'un tel auteur en moins d'une trentaine de pages, d'où le côté peu satisfaisant de l'ensemble. En fait, le plus intéressant à faire est probablement d'extraire du texte de Drake les propres paroles de Van Vogt qui sont parfois riches d'enseignements historiques ou d'éclaircissements. Un fascicule pas vraiment convaincant malgré l'enthousiasme perceptible de Drake.

The darkness on Diamondia (S&J 1975).jpg

Note GHOR : 1 étoile

28/05/2010

_A multitude of visions_

A multitude of visions : Cy CHAUVIN (editor) : 1975 : T-K Graphics : pas d'ISBN : 67 pages (pas d'index) : coûtait 4.25 USD pour un TP à la couverture cartonnée proche d'une production fanzinesque, difficilement trouvable.

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Cet ouvrage est paru chez T-K Graphics, une maison d'édition à qui l'on doit un certain nombres de fascicules de ce format (on pensera à celui sur MZB ou sur PKD) produits au milieu des années 70. Sous la direction de Cy Chauvin (le patron de la firme), il s'agit d'une collection d'essais critiques qui rassemble des textes parus entre 1971 et 1974 dans divers supports (professionnels ou amateurs) et mêle d'une façon délibérée écrivains (ici Disch, Blish, Le Guin et Lem) et fans.

Ubik (JL 1975).jpg

Après une courte introduction de Chauvin, ce recueil rassemble huit essais de taille très variable (de trois à dix pages). On peut les répartir en une première moitié constituée de textes de portée "générale" (Blish sur les arts dans la SF, Gillepsie sur les nouvelles des années 70, Disch et Le Guin sur des thèmes plus personnels) et une seconde moitié consacrée à des études d'oeuvres (Rickard sur la tétralogie After such knowledge de Blish, Lem sur Ubik, Smith sur Arrive at Easterwine de Lafferty et Clark sur Frankenstein Unbound d'Aldiss). Le recueil n'offre pas d'index et pas non plus de véritable bibliographie hormis quelques notes.

Tous à Estrevin ! (PP 1981).jpg

D'une façon lapidaire, je dirais que l'ouvrage est plutôt sympathique mais que sa logique est difficile à appréhender. On passe donc un moment relativement agréable mais le projet (si tant qu'il ait existé) de Chauvin n'est jamais apparent. Cette impression d'une certaine légèreté est renforcée par le fait qu'une partie des textes des professionnels (sauf ceux de Blish et Lem) ne dépasse pas le stade de l'anecdote et que les essais des amateurs soient parfois assez mal amenés.

Frankenstein délivré (PP 1978).jpg

Au total, un petit livre sans prétention, certes lisible mais qui ne peut au mieux que servir à conserver des traces historiques d'écrits voués à l'oubli (même si certains comme le texte de Blish seront repris aussi dans d'autres supports).

Le lendemain du jugement dernier (PP 1977).jpg

Note GHOR : 1 étoile

26/05/2010

_Richard Bessière, une route semée d'étoiles_

Richard Bessière, une route semée d'étoiles : Divers Auteurs (y compris Richard BESSIERE) : 2005 : L'oeil du Sphinx #22 (collection "La bibliothèque d'Abdul Alhazred" #7) : ISBN-10 2-914405-27-8 : 380 pages (pas d'index véritable mais des publicités) : coûte 26 Euros en neuf pour un TP illustré de quelques photos en N&B.

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Cet ouvrage est une sorte d'hommage à Richard Bessière, un auteur avant tout populaire et connu pour avoir été un des piliers de la collection Anticipation du Fleuve Noir dont il écrira d'ailleurs les quatre premiers volumes dont bien sûr le mythique No 1 : Les conquérants de l'univers. Paru chez un éditeur qui opère dans les domaines de la littérature policière et de l'ésotérisme, il s'agit là d'un des seuls ouvrages de ce type consacré intégralement à un auteur du FNA et plus généralement à un auteur de SF français.

1973 et la suite (FN 1973).jpg

Après de courts textes introductifs de Philippe Marlin et Rémy Lechevalier (qui semblent être les coordinateurs de ce volume), la première importante partie rencontrée est une longue autobiographie de Richard Bessière qui s'étend sur plus d'une centaine de pages agrémentées de quelques photographies (+ annexes). On trouve ensuite une longue interview de l'auteur, quelques textes de sa plume (poèmes ou saynètes), une galerie de couvertures, un texte sur ses romans historiques, un sur ses traductions dans d'autres pays et un sur sa réception par les critiques de la revue Fiction. Suit une assez longue étude thématique et une volumineuse bibliographie commentée (classée par genre et ordre chronologique de parution) où chaque livre se voit résumé et (parfois) évalué sur une demi page. Deux index sont fournis (un alphabétique et une chronologie) avant que le livre ne se termine par le catalogue de l'éditeur.

Croisière dans le temps (FN).jpg

Même si l'initiative est louable et mérite d'être soutenue, cet ouvrage souffre d'un certain nombre de handicaps. Les premiers sont d'ordre purement technique : une mise en page perfectible avec des saut de paragraphes assez mal maîtrisés dans la partie bibliographique (titre sur une page, texte sur la suivante), des reproductions photographiques somme toute assez moyennes (le papier étant probablement à blâmer), un index difficilement exploitable puisque ne donnant pas les numéros de pages et une section publicitaire un peu envahissante.

Agent spatial No1 (FN 1966).jpg

Plus gênant parce que plus fondamental, le contenu même de l'ouvrage n'est pas franchement passionnant. L'autobiographie est par exemple assez vaine (l'auteur en ressort comme assez imbu de lui-même) et surtout centrée sur le côté show-biz (rencontre avec les stars). Quand elle traite (rarement) de sujets liés à la SF, elle souffre d'un défaut assez répandu à savoir que les éléments factuels (comme par exemple la simple identité des personnes en cause) sont soigneusement oubliés. C'est toujours très lisse et consensuel comme pour la partie des relations de Bessière avec Richard (le patron initial du FNA) qui est expédiée en trois lignes alors que, semble t-il, il y aurait pas mal à écrire. La bibliographie commentée souffre elle aussi d'un défaut de matière puisqu'il ne s'agit principalement que du résumé des intrigues (et encore pas de toutes les oeuvres de l'auteur), une chose déjà lue dans d'autres supports (on pensera immédiatement au Catalogue analytique du FNA de Collas). En fait, seuls les "petits articles" sauvent un peu un ensemble rendu globalement assez fade par un évident manque de recul et d'analyse.

Les survivants de l'au-delà (FN 1982).jpg

Note GHOR : 1 étoile